09 novembre 2008
IL SE SOUVIENT ...
Il se souvient d'une rencontre peu ordinaire.
C'était hier, ou peut-être avant-hier;
c'était intemporel en fait. Une rencontre qu'il portait en lui.
Cela lui fait penser à Cecilia, celle de Moravia dans l'Ennui.
Sans s'identifier avec Dino, il s'est souvent interrogé sur le rapport de l'homme avec lui-même.
Sur la difficulté de communiquer. Avec l'autre. Avec soi.
Il se souvient de cette femme peu ordinaire,
de son silence si expressif qu'il lisait en elle par son regard.
Intimité non exprimée mais intensément désirée.
Elle parlait , elle parlait beaucoup, sans jamais rien dire vraiment;
elle avait peur de ce qu'elle ressentait, de ce qu'elle aspirait à ressentir.
Il se souvient qu'elle lui avait confié aimer terriblement le sexe,
mais qu'elle parvenait bien rarement à son apogée.
Elle lui avait alors demandé de lui apprendre la langue du coeur,
de lui expliquer mot à mot la langue universelle du Désir
pour enfin pouvoir jouir dans son cerveau de tous les désirs.
Il se souvient qu'elle était plus à l'aise en parlant la langue du cul,
elle avait toujours ressenti moins de gêne à exprimer
les attentes de son cul que celles de son coeur.
Il se souvient de cette femme peu ordinaire
car elle est toujours là, au fond de sa tanière.
A l'inverse de Cecilia qui jouissait en offrant l'intimité absolue de son ennui,
elle avait tellement peur d'abandonner son intimité cérébrale
autant que son intimité amoureuse, ses aspirations érotiques qui, chez elles,
étaient tellement liées au bouillonnement de son cortex.
... ...
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